Ce samedi, trois mamans d’exception ont été mises à l’honneur dans le cadre de la remise de la Médaille de la Famille : Mesdames DIJOUX Lisema, SIDIOT Havan Bibie et TURPIN Marie Adèle. La cérémonie, pleine d’émotion et de gratitude, s’est déroulée en présence du Maire Jacques TECHER, qui leur a rendu un vibrant hommage.
Discours du Maire :
Ce n’est point par simple devoir que je me tiens devant vous aujourd’hui, mais par un sentiment plus profond, plus sacré encore : celui de la reconnaissance.
Une reconnaissance qui gonfle le cœur de toute la population. Car vous, femmes de Cilaos, vous êtes des modèles d’inspiration pour tous, depuis des décennies.
Vous dont les mains ont porté à la fois le berceau et le pain, dans la rudesse des jours, avez tenu ferme le gouvernail de vos familles, guidant vos enfants entre les écueils et les tempêtes de l’existence. Vous les avez élevés, non pas dans la plainte, mais dans le courage ; non pas dans l’égoïsme, mais dans le respect d’autrui. Et aujourd’hui, tandis que vos fils et vos filles, grâce à vous, marchent droits et fiers, c’est votre réussite que nous célébrons.
Mais, ne nous y trompons pas. Ces médailles que je m’apprête à épingler sur vos poitrines ne sont que de pâles reflets de ce que vous méritez. Elles disent peu de vos nuits sans sommeil et des mille difficultés endurées ; Elles ne racontent pas ces soir où, à la lueur d’une lampe à pétrole, vous surveilliez les devoirs, ou ces matins glacés où vous marchiez avant l’aube pour que rien ne manquât au foyer.
Vous êtes, Mesdames, la mémoire vivante de Cilaos, qui fête ses 60 ans de commune cette année, mais qui, depuis l’arrivée des premiers marrons à la fin du 17è siècle à aujourd’hui, en passant par la découverte de ses sources par Paulin, décline un peuplement vieux de plus de 300 ans. Vous êtes, mesdames, des traits d’union de cette histoire sans pareille. Dans vos yeux se lisent nos paysages, nos combats, nos réjouissances. Vos voix, un peu tremblantes aujourd’hui, sont celles qui ont chanté les berceuses et murmuré les prières aux chevets des malades. Vos souvenirs sont les archives de notre commune, aussi précieuses que des parchemins.
Et que dire de votre sagesse ? Elle est comme ces arbres fruitiers qui, courbés par les ans, donnent encore les plus beaux fruits.
J’invite les jeunes générations à se presser autour de vous pour y puiser les leçons de patience, de ténacité et de dignité que vous incarnez. Alors, devant vos familles rassemblées, devant ces enfants et petits-enfants qui sont votre plus bel héritage, permettez-moi, au nom de tout Cilaos, de vous dire simplement : merci.
Merci pour vos vies offertes, pour vos silences éloquents, pour cette obstination à croire en l’homme malgré tout. Que cette médaille soit un modeste hommage, mais qu’elle soit aussi un témoignage. Qu’elle dise à tous que la République n’oublie pas ses héroïnes modestes, celles qui bâtissent l’île de la Réunion dans la chaleur discrète des foyers.
Vive Cilaos, vive ses mères courage, et vive la famille, ce sanctuaire où se forge l’âme d’un peuple !


