Le mal-logement n’a pas que des causes économiques, techniques et sociales ; il a aussi des causes culturelles. La transformation rapide de notre société s’accompagne en effet d’une crise de l’habiter. Par habiter, nous entendons la capacité à la fois pratique et psychologique à utiliser et entretenir son logement, à maîtriser les diverses interactions sociales, techniques, symboliques, économiques qui accompagnent le fait de vivre dans un logement, de se l’approprier, de l’entretenir, et pas seulement d’occuper des mètres carrés.
La remise en état de son logement est une pratique très courante chez les Réunionnais, qu’ils soient locataires ou propriétaires. Nombreux sont ceux qui font eux-mêmes des travaux d’amélioration ou d’embellissement de leur cadre de vie : repeindre, retapisser, abattre une cloison, isoler une toiture, poser un plancher, réparer sa plomberie ou son électricité…
Cependant, nombreuses aussi sont les personnes mal logées, habitant un logement dégradé ou inadapté, qui ne sont pas en mesure de l’améliorer et qui n’ont pas été initiées au « savoir-faire » et au « savoir-être » concernant l’habiter.
Les causes sont multiples : ressources financières insuffisantes, incompétences techniques, isolement social, difficultés relationnelles, démotivation, perte de dynamisme, handicaps physiques.
Enfin, face à la transition démographique, et au processus d’effritement de la solidarité familiale, beaucoup de nos ainés et des personnes à mobilité réduite se trouvent en situation d’incapacité pour se mettre en position « d’agir » pour améliorer leur cadre de vie… Autant de facteurs qui redoublent l’inégalité devant le logement et les risques d’exclusion. Les conséquences sociales et économiques de crise de la capacité à « habiter » sont manifestement importantes.
D’où l’initiative prise par le CCAS de Cilaos de monter un atelier d’auto-réhabilitation solidaire du logement en vue de répondre aux besoins non-satisfaits identifiés dans le cadre de la PST (Pact Solidarité Territorial – volet social) signé avec le Département.
La visite des chantiers a eu lieu le mercredi 4 décembre 2024 en présence des élus, des membres du Conseil d’Administration du CCAS ; ainsi que des agents qui travaillent sur le dispositif PST2 NG.


